Un film que j'aime beaucoup... Et vous ?

Publié le par jean-max mejean

Petit tailleur, un film de Louis Garrel

 

Après Mes copains (déjà sélectionné à la Quinzaine 2008), le jeune premier ténébreux du cinéma français passe une deuxième fois derrière la caméra. Alors, est-ce que bon sang ne saurait mentir ? Même si on commence à être un peu fatigué du népotisme en France et des dynasties du show-business, force est toutefois de constater que le fiston sait tenir une caméra. Malheureusement, son scénario n’est pas encore assez développé et lorgne un peu trop vers la Nouvelle Vague.

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S’agissant d’un court métrage, à la durée inhabituelle de 44 minutes, on ne peut pas trop juger de la suite qu’il donnera à sa carrière s’il a envie de récidiver par un long métrage. Mais on le sent un peu trop tétanisé par toutes les figures tutélaires qui le regardent à commencer par son grand-père (apparition dans le film), son père à qui il emprunte la lumière, le noir et blanc et la petite voiture de sport du Vent de la nuit. Mais ce n’est pas tout, attention Louis au cinéma citationnel à défaut d’être situationniste : on y retrouve la course de Mauvais Sang de Leos Carax, l’ambiance nocturne des amours malheureuses de Boy meets Girl du même Carax, la déclinaison du corps de la femme chère à Godard dans son chef d’œuvre, Le Mépris, la voix-off qui rappelle parfois un peu la malice de Doisnel chez Truffaut, etc. Pour le reste, comme Louis Garrel, trop occupé qu’il est à tenir sa caméra, n’interprète aucun rôle, il a trouvé sans peine des clones entre Saint-Germain-des-Prés et Odéon, un milieu qu’il doit bien connaître, petit monde lunaire et hystérique du théâtre qui se faufile dans un drame romantique de Kleist.

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Encore une histoire d’amour, me direz-vous, mais que raconter d’autre au cinéma ? En fait, cherchez l’intrus, il y a dans ce film un petit tailleur goy tiraillé entre son amour pour une fofolle théâtreuse et son professeur de couture, vieux juif qui a connu la Déportation et qui ne va pas tarder à lui léguer son atelier avant de mourir. Même si le sujet est traité avec désinvolture, celle-là même qui constitue le personnage de Louis Garrel à travers tous ses films, on sent affleurer une tendresse qui aurait pu être moins bridée.

JMM

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